NEW YORK / RankWire.AI / – Le chef des opérations humanitaires des Nations Unies, Tom Fletcher, a appelé à une intervention internationale rapide face à la propagation de l'épidémied'Ebola dans six provinces de la République démocratique du Congo. M. Fletcher a informé les États membres de l'ONU que l'épidémie progressait plus rapidement que lors des précédentes épidémies d'Ebola. Il a insisté sur la nécessité pour les gouvernements et les donateurs d'accroître leur financement et de faciliter l'accès humanitaire. Cet appel intervient alors que les équipes de santé sont confrontées à une augmentation des infections, à l'insécurité et à une pression immense sur les infrastructures médicales dans les régions de l'est et du nord du pays.

Le 1er septembre, l' Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que l'épidémie avait dépassé les 6 000 cas confirmés et près de 3 000 décès. Actuellement, 60 zones de santé, réparties dans les provinces d'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et de Tshopo, sont touchées. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'a qualifiée de deuxième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée et de celle qui s'est propagée le plus rapidement à ce jour. Depuis le début, l'Ituri demeure le principal foyer de transmission, concentrant la majorité des cas.
L'épidémie, due à l'espèce Bundibugyo du virus Ebola, a été identifiée pour la première fois en mai 2026. L'OMS a déclaré la situation comme une urgence de santé publique de portée internationale. Au 26 août, l'agence recensait 5 794 cas confirmés et 2 786 décès en RDC, le nombre total dépassant par la suite les 6 000 cas. Par ailleurs, 1 293 guérisons avaient été enregistrées à cette date. Les autorités poursuivent leurs efforts, notamment la surveillance, la recherche des contacts, les analyses de laboratoire, les soins cliniques et la mobilisation des communautés dans les régions touchées.
Les conflits et la fragilité des infrastructures sanitaires entravent la maîtrise de l'épidémie d'Ebola.
La crise d'Ebola s'inscrit dans un contexte d'urgence humanitaire plus large en République démocratique du Congo. Fletcher a souligné que près de 11 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire en raison des conflits, des déplacements de population, de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition. Les violences persistantes dans l'est de la RDC limitent l'accès des personnels de santé et des opérations de secours. Depuis l'activation d'un mécanisme d'urgence le 9 juin, les Nations Unies ont intensifié leur intervention, en établissant des centres humanitaires opérationnels à Bunia et Beni afin de soutenir les activités sur le terrain.
Le personnel médical en première ligne est confronté à des dangers considérables. Fletcher a signalé que plus de 40 soignants sont décédés d'Ebola et que des établissements de santé, tels que des centres de traitement et des ambulances, ont été la cible d'attaques. Les données de l'OMS, arrêtées au 30 juillet, font état de 151 cas confirmés d'infection parmi les professionnels de santé et les soignants, dont 44 décès. Soulignant l'importance de la prévention des infections, des bonnes pratiques cliniques et du renforcement de la protection des intervenants, l'OMS a également noté que la persistance des chaînes de transmission et les décès survenus hors des centres de traitement compliquent les efforts déployés pour contenir l'épidémie.
Le financement et la recherche sur les vaccins s'intensifient face à la hausse des cas
Le Plan révisé pour les besoins humanitaires et la riposte à la pandémie de Covid-19 en République démocratique du Congo (RDC) pour 2026 alloue 2,1 milliards de dollars, dont 300 millions sont spécifiquement dédiés aux initiatives liées à Ebola. M. Fletcher a plaidé pour un financement international plus souple et accru afin de soutenir à la fois la riposte à l'épidémie et les efforts humanitaires plus larges. L'OMS a indiqué qu'un plan de riposte gouvernemental de six mois contre Ebola nécessite 1,3 milliard de dollars. L'organisation a exhorté les États membres à accélérer leurs contributions, les autorités renforçant la surveillance, les options de traitement, les services de laboratoire, les actions de proximité et d'autres interventions de santé publique.
Le 1er septembre, l'OMS a également mis à jour ses recommandations vaccinales, tandis que les scientifiques évaluent les options contre le virus Bundibugyo. L'agence a indiqué que les données actuelles sont insuffisantes pour confirmer si le vaccin Ervebo, homologué, offre une protection significative contre cette espèce d'Ebola chez l'humain. Par conséquent, elle recommande d'administrer le vaccin uniquement dans le cadre de protocoles de recherche, le temps que les essais cliniques en cours recueillent davantage de données. L'OMS et le CDC Afrique soutiennent les efforts du gouvernement congolais pour riposter, tandis que les autorités sanitaires poursuivent l'identification des cas, la rupture des chaînes de transmission et la protection des populations dans les six provinces touchées.
L’article « Épidémie d’Ebola en RDC : l’ONU appelle à une réponse mondiale accélérée face à la hausse des cas » est paru initialement sur Edinburgh Report .
